Maria Papa Rostkowska (1923-2008)

Le Musée d’art et d’histoire de Meudon présentera au printemps prochain (avril-juillet 2022) une exposition dédiée à une sculptrice, Maria Papa Rostkowska, qui fut une figure majeure de la Nouvelle Ecole de Paris (1940-1980). Le travail de cette artiste d’origine polonaise, de nationalité italienne mais résolument française de cœur, bénéficiera d’une première rétrospective en Ile-de-France. Ses œuvres trouveront un écho avec celles de ses amis, peintres et sculpteurs, formant la génération d’artistes que l’on nommera Nouvelle Ecole de Paris, exposées au musée.

A mi-chemin entre l’abstraction et la figuration, le langage plastique de Maria Papa Rostkowska est une ode à la nature. Puisant dans les formes végétales, minérales et hybrides, ses sculptures sont une invitation à la contemplation et à une certaine quête de bonheur. Elle développe des thèmes qui lui sont chers : figure féminine, couple, famille, amour, métamorphose, harmonie, engagement, guerre ou encore l’abstraction pure. Travaillant principalement le marbre en taille directe, ce matériau dur et rustre, engageant l’artiste dans un corps à corps avec la matière, Maria Papa Rostkowska a fait de sa vie un manifeste pour l’art.

Vous pouvez déjà admirer une œuvre de Maria Papa Rostkowska dans le jardin de sculptures du musée.

Maria PAPA ROSTKOWSKA
1923, Paris – 2008, Lido di Camaiore (Toscane, Italie)
La mère et l’enfant
1990 – Bronze doré (tirage réalisé en 2021)
Don de Joëlle et Nicolas Rostkowski

La jeune Maria Baranowska contribue avec son premier mari, Ludwik Rostkowski Jr., et ses beaux-parents au sauvetage de Juifs du Ghetto de Varsovie puis elle participe activement à l’insurrection de Varsovie en 1944, obtenant après la Libération la médaille Virtuti Militari. Après être devenue peintre, avoir exposé et enseigné aux Beaux-Arts de Varsovie en Pologne, elle quitte ce pays pour la France en 1957 à la faveur d’une invitation d’Ernest Pignon. Veuve en 1950, elle se remarie en 1958 avec le critique d’art Gualtieri Papa di San Lazzaro et prend la nationalité italienne. Elle est progressivement devenue sculptrice, au sein de la Nouvelle école de Paris, et ses mains qui ont porté des armes expriment désormais dans la matière l’amour maternel comme nous le voyons sur ce bronze doré. L’enfant est-il porté à bout de bras par sa mère ? Est-il contre le sein de sa mère qui veille sur lui? Ce cercle exprime-t-il l’infini va-et-vient entre l’enfant et sa mère ? C’est tout cela à la fois.

Mise à jour le : 30 novembre 2021